L''ORIENT POSTCOLONIAL

L''ORIENT POSTCOLONIAL

Editorial:
SYLLEPSE EDITIONS
Año de edición:
Materia
Historia Universal. España y América
ISBN:
978-2-84950-364-5
Páginas:
220
Encuadernación:
Rústica
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Cet ouvrage se propose d’être à la fois une intervention dans l’historiographie de l’Inde coloniale et postcoloniale et une contribution à la critique de la théorie postcoloniale. On voit ainsi l’orientalisme et les catégories raciales de l’expansion européenne venir fournir le matériau discursif et politique de modernismes coloniaux tiraillés entre appropriation et rejet, « race », « Orient » et « nation » étant à la fois trop vastes pour que l’on puisse s’y soustraire et trop distendus pour saturer les termes de leur remise en oeuvre particulière.
En d’autres termes, si « l’Orient » fut créé par l’Occident, il fut aussi le produit de logiques d’auto-orientalisation et d’auto-exotisation. Il s’agit pour l’auteur de faire apparaître les affinités existantes entre l’orientalisme romantique de la fin du 18e siècle au début du 19e siècle, les études subalternes depuis leurs origines et la théorie postcoloniale comme forme de production intellectuelle expatriée dans l’université métropolitaine. Dans ce cadre général temporel et spatial, ce travail aborde les enjeux de la « provincialisation de l’Europe », des modernités alternatives et hybrides ainsi que la place particulière de ces discours dans la compréhension d’une histoire de notre présent.
Il s’agit d’aborder la question de la modernité dans la perspective de la géographie inégale issue de la généralisation des rapports capitalistes. L’ouvrage se répartit en trois sections. La première s’intéresse aux différents moments et aux conditions historiques de la pensée postcoloniale. L’analyse porte sur ce que l’on peut décrire comme la pensée postcoloniale en Inde et dans ce cadre, sur l’horizon politique et théorique sur lequel le postcolonialisme inspiré des études subalternes a défini cette histoire et ses propres positions.
La deuxième propose une lecture critique des deux ouvrages majeurs (Provincialiser l’Europe de Dipesh Chakrabarty, et Dominance Without Hegemony de Ranajit Guha) qui couvrent tout l’éventail de questions devenues centrales dans la transition des études subalternes au postcolonialisme. Enfin, la troisième section aborde le problème la place ambivalente occupée par la référence au marxisme chez ces mêmes théoriciens postcoloniaux, à travers leur usage des concepts de capital, de travail et d’hégémonie, entre autres.
Orient, race et nation, sont autant de catégories classificatoires face à une modernité du capital qui, dans son mouvement d’universalisation, met en révolution constante les moyens de productions existants, les espaces et ordres sociaux, qu’ils soient hérités, ou qu’il les ait lui-même produits pour ses propres besoins temporaires. Soyons certain que ce recueil, le premier de son auteur à être proposé aux lecteurs francophones, sera du plus vif intérêt pour ceux qui, au-delà du vaste champ des études postcoloniales anglo-saxonnes (peu disponibles en français), auront eu l’occasion de réfléchir avec Balibar et Wallerstein, Race, nation, classe (1988), Benedict Anderson, Imagined Communities (1983) et Edward Saïd, L’Orientalisme (1980).